We can do it!

Ce matin j’ai posté des stories sur Instagram pour partager mon ras le bol quant à ma recherche d’emploi.

Devant le nombre de réponses reçues, j’ai réellement pris conscience que la situation est plus que problématique pour la très grande majorité des femmes en France.

Retour sur les faits pour que vous compreniez bien!

Je suis actuellement en recherche d’emploi. Pour être plus précise, j’ai décidé de me mettre en freelance avant l’été mais comme je n’arrive pas à décrocher de missions pour le moment (Rome ne s’est pas faite en un jour), je passe également des entretiens pour des CDD. La seule chose que je ne veux pas aujourd’hui, c’est un CDI. Cela peut paraitre très étrange étant donné le contexte actuel mais j’aime le changement et je sais que la routine d’un contrat à durée indéterminé n’est pas faite pour moi.

D’un point de vue plus « personnel », j’ai 38 ans et 2 enfants de 6 et 9 ans. J’habite en banlieue depuis 1 an ce qui a eu le mérite d’améliorer la qualité de vie de ma famille mais augmente le temps de transport jusqu’à Paris. Mon conjoint qui a 40 ans travaille dans le 18ème arrondissement et met presqu’une heure pour aller au boulot. Nous ne nous plaignons pas, c’est un choix très réfléchi que nous avons fait en connaissance de cause.

Je n’ai plus de « bébés » et je ne souhaite pas avoir d’autres enfants. Je me suis donc dit il y a quelques temps que les années de galères professionnelles et de discriminations cachées étaient à priori derrière moi ou que tout au moins on me ficherait la paix lors des entretiens d’embauche (vous voyez ce que je veux dire, l’oeil du recruteur qui semble vous sonder pour savoir si vous n’allez pas être absente tous les 4 matins pour cause de gastro, grippe ou autre bonchiolite!).

Comme je vous le disais plus haut, j’ai le statut de freelance. Pour pouvoir être flexible et gérer mes missions au mieux, j’ai fait le choix de ne pas prendre de babysitter le soir pour récupérer mes enfants à l’école. Pourquoi? Pour avoir recruté de très nombreuses babysitter pour les sorties de crèche et d’école, je sais par expérience qu’il faut environ 15 jours pour trouver la bonne personne (le temps de faire passer des entretiens et de passer un peu de temps avec la personne à qui vous confiez la prunelle de vos yeux). Mais quand je ne travaille pas, c’est moi qui gère mes enfants. Bref, tout ça pour vous dire que ne pas avoir de babysitter quand je travaille et laisser mes enfants au centre de loisirs jusqu’à 18h30 me permet d’être plus réactive et d’être plus rapidement disponible pour une mission (quasiment du jour au lendemain!).

Mais (car il y a forcément un « mais »!) pour tenir cette organisation, j’ai besoin d’être à Colombes à 18h30 et donc de partir plus « tôt » que la plupart des employés. Ceci étant, je peux arriver tôt le matin pour bien évidemment faire le nombre d’heures légales indiquées sur mon contrat de travail (je suis maman mais pas à côté de mes pompes).

Sur le papier, cela a tout pour fonctionner relativement correctement mais tout ceci était sans compter la réalité du système français!!!!

Hier j’ai été contacté par un cabinet de recrutement pour une mission en CDD dans une grande entreprise. J’ai fait part de mon enthousiasme pour le poste tout en partageant mes « contraintes » horaires. L’entreprise étant basée pas très loin de chez moi, il fallait que je parte à 18h. Consciente que cela pouvait poser problème, j’ai expliqué que je pouvais arriver à partir de 8h30 le matin.

Et vous savez quoi? Je n’ai pas décroché l’entretien car le client a cru bon de préciser – je cite : « il y aura des horaires…après 18h ».

Tout est dit non? Si tu pars avant 18h c’est que tu ne bosses pas suffisamment. Oui mais si tu es arrivée à 8h30, quelle est la différence entre toi et un autre employé qui arrive à 9h30 et part à 19h? Et bien je n’en sais rien. Je crois que tout cela n’est qu’une sombre histoire de présentéisme à la con.

Etant donné les très très nombreux messages que j’ai reçu, je crois surtout que la France est en retard! Et si mon cas ne suffit pas à vous convaincre, voici quelques exemples des messages que j’ai pu recevoir :

« Présentéisme. Malheureusement ceux qui fonctionnent comme ça sont toujours mieux vus. C’est pour ça que j’ai quitté le monde du salariat »

« Tu passes toujours pour une feignante en manque de motivation dès que tu donnes « un peu trop » d’importance à ta vie perso. J’ai du arrêter de travailler à cause de ça »

« Je me suis fais remettre en place parce que je partais « tôt » une fois mon travail terminé alors que ma collègue restait beaucoup plus tard. Ce qu’ils ne savaient pas c’est qu’elle refait pour les apparences et surtout pour faire des trucs persos »

« On m’a virée pour ça. Je démotivais mes collègues à partir si tôt. Sauf que le matin j’étais toute seule et personnellement ça ne me démotivait pas du tout ». 

Et ce ne sont que quelques exemples. J’ai été littéralement submergée de messages de femmes qui ont vécu ou qui vivent cela tous les jours alors qu’on est en 2018 non de dieu.

Maintenant que tout cela est dit, la vraie question est :

COMMENT FAIRE EVOLUER LES MENTALITES?

COMMENT FAIRE CHANGER LES CHOSES? 

Si j’avais la solution miracle, cela se saurait et malheureusement je n’ai pas la réponse à ces questions. Dans les messages que j’ai reçu on m’a toujours parlé des hommes avec bienveillance. Ce ne sont pas eu les fautifs, nous le savons toutes. Et c’est bien parce qu’on ne sait pas qui est-sont vraiment le-s fautit-s qu’il est très difficile d’agir et de faire comme nombreux de nos voisins européens et de redonner une place à la vie de famille.

J’en appelle à vos commentaires. N’hésitez pas! Partagez vos expériences. Ca ne fera rien changer mais cela fait toujours du bien de se sentir moins seule.

J’ai choisi pour illustrer cet article de copier la si célèbre illustration « Wa can do it ». Pour la petite histoire, c’est une affiche de propagande américaine qui date de 1943. Elle a été réalisé pour une campagne de remotivation des salariés. Peu diffusée à cette époque, elle a été plus largement utilisée dans les années 80 pour promouvoir le féminisme.

Malheureusement, elle est encore tristement d’actualité aujourd’hui. Les femmes doivent se remonter les manches pour faire changer les choses. J’ai pourtant choisi de sourire sur cette photo plutôt que d’adopter le visage fermé et sévère de l’originale car j’ai envie de croire qu’avec le sourire, on parvient mieux à ses fins.

Allez les filles, on peut le faire, ensemble et bien sûr avec l’aide des hommes qui nous entourent.

Et n’oubliez pas de sourire.

60 thoughts on “We can do it!

  1. Et ben voilà … je suis dans la même situation que toi ! 3 ans que j’ai quitté un poste à responsabilité et très bien payé, pour changer de vie et me reconvertir. 1 an que je suis diplômée de ce nouveau métier. 1 an que je galère à trouver un poste. Je me vois refuser des postes ou je suis qualifiée car je cite : «  on a pas besoin de gonzesses dans le labo, les filles c’est à la caisse , en boutique. » Mon nouveau métier : Pâtissière ! Ah oui, j’ai aussi 38 ans, 2 enfants et une vie professionnelle dernière mois, et ça les patrons n’aiment pas ! Parfois je regrette d’avoir quitté mon précédent travail ! Il y a des jours avec et des jours sans ! allez courage !

    1. Il ne faut surtout pas regretter tes choix. Si tu les as fait c’est que tu en avais besoin.
      Après je crois que peu de domaines sont épargnés pas tout ça malheureusement..
      Bon courage à toi.

  2. Comme je te comprends. Je bosse enfin bossais dans le public donc en enchaînant les CDD car pas la chance d’être statutaire. J’ai 2 enfants et à chaque grossesse mon contrat n’a pas été renouvelé. Je n’étais pas assez carriériste car j’ai choisi de faire mes enfants (à 32 et 34 ans pourtant) et non mon travail ! Depuis je recherche des missions et après certains entretiens (je rappelle que je bosse dans le public!) on m’a déjà répondu « ce n’est pas un poste pour une mère de famille »!!! Et pour les horaires quand j’ai décalé mes heures d’arrivée et départ c’est super mal passé. Entre mes collègues qui me disaient « tu prends ton aprèm » et le boss qui pensait (à tort) que je ne bossais pas assez c’était la cata. Quand les gens ne te voient pas = tu ne bosses pas. Ils arrivent plus tard donc ils te voient bosser seulement quand ils arrivent, et te voient partir plus tôt. Bilan selon eux tu bosses moins. Parfois je me dis que ma seule chance c’ude créer mon emploi. Mais à 40 ans bientôt pas simple!
    Bon courage et dis nous si tu trouves la solution!

    1. Oh tu sais moi j’ai essayé de monter une boite il y a 5 ans et les chances que cela marche sont tellement faibles que ce n’est pas mieux.
      Il faut que les mentalités changent, c’est tout!

  3. Une amie bossait dans une boîte de prod, elle arrivait à 8h30 le matin , mangeait devant son ordi pour ne pas prendre de pose et 2 fois par semaines devaient partir à 17h45 ( 3/4 h de métro pour récupérer son fils à la crèche ) . Là ses gentilles collègues lui disaient «  ah ! Tu as pris ton aprèm ! » .elle s’est fait virer , elle est en free et bien plus heureuse . Je suis en free aussi et franchement quand je vois le nombre de copines qui ont eu ton genre de problème , je ne regrette pas . Quand tu racontes ça à des danois ou suédois , ils nous prennent pour des fous . Mais il y a de l’espoir , je travaille pour une boîte de tissage basque en free depuis 13 ans ou le patron part à 17h30 chercher ses enfants à l’ecole . Et on a édité l’annee Dernière un torchon we can do it avec l’illustration dont tu parles .

    1. C’est pour ça aussi que j’ai décidé de me mettre en free mais il faut du temps pour avoir un réseau de clients. Et en attendant, j’ai besoin de bosser pour gagner de l’argent.

  4. On parle des femmes, mais pour les hommes c’est pareil (= ceux qui souhaitent s’impliquer dans une vie familiale) ! Je ne peux pas me libérer avant 19h deux soirs dans la semaine, c’est donc mon conjoint qui va chercher notre fille chez la nounou. Il ne peut pas partir beaucoup plus tôt que son heure habituelle (18h +++) parce que tous les employés de son entreprise partent tard… Il fait largement ses horaires dans la semaine additionnés de 5 heures supplémentaires (il a un contrat de 35 heures). Ils font tous ça parce que c’est comme ça, et que c’est mal vu d’en faire moins ou de partir plus tôt (même en commençant plus tôt le matin). Ça me rend folle ce genre de choses ! Ils pourraient même embaucher une personne supplémentaire considérant toutes les heures travaillées en plus chaque semaine.
    Je pourrais aussi parler de la série d’entretiens auxquels j’ai assisté en tant que recruteur. En off, l’autre personne avec qui je passais les entretiens ne se cachait pas de commentaires comme quoi celle-ci a deux enfants en bas âge = absentéisme à prévoir ?!? et une autre qui n’est pas encore maman, risque de le devenir, surtout qu’elle a demandé si les horaires étaient flexibles. Tristesse…
    Bon courage !

    1. Bien sûr que c’est la même chose pour les hommes!
      C’est juste plus courant pour les femmes car nous sommes plus nombreuses à gérer la vie de famille (les enfants entre autres!).

  5. Pas facile de travailler et d’être présent pour la famille c’est sûr…et encore moins quand on est une femme!!! une réalité du quotidien pour de nombreuses femmes!
    Par contre, je te trouve trés honnête d’avoir annoncé avant même l’entretien que tu devrais quitter le bureau à 18h… parfois il est plus facile de convaincre sur sa capacité à être efficace une fois embauché, en ne laissant pas le choix à ses employeurs, mais je te rejoins c’est plus facile d' »imposer ce rythme » quand tu es déjà dans la boîte depuis quelque temps.
    Aprés tout comme tu dis, quand tu as fait 8h30- 18h, c’est déjà une bien belle journée de travail! quand je vois les horaires de travail de mes collègues dans les filiales nordiques, on a tout à apprendre!
    Le problème principal c’est qu’aujourd’hui, les entreprises demandent aux employés de travailler pour 2!
    Mais les mentalités n’évoluent pas beaucoup en France, tout comme pour le télétravail. Sauf dans certaines entreprises plus « américaines » dans le mode de fonctionnement! ou par manque de place dans les bureaux!
    Bref il est temps de tendre vers de nouveaux modèles de travail…We can do it!

  6. Désolée mais j’aimerais bien modérer certains des propos.
    Je suis consultante, maman d’un petit de 5 ans, je change régulièrement de client, et tout simplement je ne parle pas de mes contraintes d’horaire en amont. Le client me voit bosser et au bout de quelques jours seulement la confiance s’installe, et quand je dois partir et bien je « l’impose » tout naturellement.
    Chaque situation est différente, j’en ai conscience, je veux juste dire que la transparence c’est bien, mais finalement pourquoi présenter ses horaires comme une « contrainte » dès l’entretien d’embauche si finalement on est convaincue que ça n’empêche pas de faire le job ?

    1. Je comprends ta façon de faire mais ce n’est pas la mienne. Je préfère être transparente dès le départ. Et puis je n’envisage pas mes horaires comme une contrainte mais bien comme une façon de réussir à allier au mieux vie pro et vie perso.

      1. C’est vrai que moi je suis un peu pareille, je n’ai jamais présenté mes horaires. Je pars à 17h 2 fois par semaine. Si les autres veulent rester jusqu’à 20h c’est leur problème. Moi mon boulot est fait. Je pars du principe que si les patrons ont envie d’avoir des gens 100% disponibles (genre des avocats d’affaire) ils n’ont qu’a rémunérer en conséquence. Après je n’ai jamais bossé en agence Donc je ne connais pas ce milieu.

    2. Ah bah j’ai écrit la même pratique sans avoir lu ton commentaire ! @bypaulette sincèrement ne pas mettre la question des horaires au centre du débat est salvateur. Ça déplace la nego sur des sujets plus fondamentaux pour le projet (comme les livrables deadline). Et le client voit une chef d’entreprise /consultante en face et non plus une salariée à manager. Ça change tout !

      1. Tu as sûrement raison. Après en passant par un cabinet de recrutement j’ai pensé que c’était mieux d’exposer mes « contraintes » dès le début.
        Il faut sûrement que je revois ma façon de faire.

  7. Ohhh que oui c’est bien difficile d’avoir un job épanouissant et de fonder une famille. En plus de tout ça, il faut rajouter la culpabilité maternelle!
    Moi je suis conducteur de travaux dans le bâtiment depuis 10 ans, quand j’ai commencé je faisais des horaires : 7h00 – 19h00/19h30 et tout le monde trouvait ça normal (et encore il y en avait qui faisait plus) . Maintenant j’ai 2 enfants, je fais encore 7h30 – 18h00 avec pause sandwich le midi d’un 1/4 d’heure. Mes collègues et mon responsable ne me disent rien et de toutes façons ils n’ont pas intérêt car j’ai des arguments et je n’ai pas peur de les dire, ça fait 7 ans que je suis dans la boite et bien entendu je fais mon boulot correctement.
    J’ai envie de changement alors j’ai passé un entretien la semaine dernière. J’ai annoncé au patron mon amplitude horaire et que je voulais garder mes mercredis après midi que j’avais acquis (je suis un ovni dans cette profession très masculine). Et là….. j’ai bien vu que ça posait problème. On verra bien, j’ai pas eu la réponse, il doit rencontrer quelqu’un d’autre fin du mois mais je suis sûre que si je n’ai pas le poste ça sera à cause de ça parce que je refuse de faire un choix entre ma vie professionnelle et personnelle.
    Mon conjoint se pose moins de questions, il fait le même boulot que moi mais comme je gère les enfants il continue ses horaires de cinglés (la seule chose que je lui impose c’est d’aller chercher notre fille à 19h chez la nounou, au moins je suis sûre qu’il est là pour diner mais du coup en contrepartie, il est au boulot à 6h00 le matin)
    Et ce que c’est le système et les mentalités qui sont mal faits ou c’est nous qui en demandons de trop (concilier tout). J’ai ma réponse, mais ça n’engage que moi.
    Les 35h ont été crées pour qui? Parfois je me demande.
    J’espère qu’un jour on jugera un travail sur la qualité du rendu et pas sur le temps de présence.

  8. Bonjour Paule, le presenteisme est un vrai sujet en France ….d’autant plus dans les métiers de la com’….une charrette c’est tellement cool
    Pour votre désir de changement régulier, essayez de voir du côté de Genius.paris …une boite d’outplacement spécialisée dans les domaines de la Com, du marketing et du digital…on ne sait jamais 😉 bon courage dans vos recherches!
    De mon côté ça y est décision prise…je quitte le monde de la com’ et me met à mon compte dans l’immo
    Bonne journée

  9. Je suis salariée dans le privé depuis que j’ai commencé à travailler. Ici aussi (et j’ai fait plusieurs boites le contat est le même partout) partir à l’heure est mal vu. je commence à 08h30 pour finir à 17h30 une semaine sur deux, l’autre semaine c’est 09h00/18h00. J’ai la chance d’habiter à 10 minutes de mon boulot et de pouvoir rentrer manger chez moi le midi. cependant il m’arrive régulièrement de manger au bureau pour profiter du calme pour avancer. Seulement quand vient l’heure fatidique, les regards appuyés des uns et les réflexions des autres sont pénibles et pesantes, pourtant mon travail est fait (mes heures supplémentaires non rémunérées).
    Il y a du boulot pour que partir à l’heure ne soit plus perçu comme « feignant »
    Ma vie privée fait que je suis performante au travail, les deux marchent de pair. Il arrive parfois que je fasse des heures en plus et ces semaines là je le sens je suis bien moins productive que celles où je suis partie à l’heure.
    Mais c’est parfois pénible et l’envie de rester pour ne pas avoir à subir ce genre de reflexions est souvent là. rester une demi heure de plus pour ne pas y avoir le droit encore une fois… Mais tant pis, je pars à l’heure, au moins il y en a une qui est toujours contente de me voir arriver, et rien que pour ça ça vaut le coup.
    Bon courage pour votre recherche, et ça viendra le changement, quand les gens auront compris que partir à l’heure n’est pas mal (bien au contraire)

  10. Tout pareil, même âge même nombre de gosses du même âge que les tiens. Indépendante depuis 8 ans. Je vais chercher mes enfants à 16h30 en ce moment. Car je confirme dans notre secteur (ah oui même genre de taf aussi) c’est pas l’éclate en ce moment. Pour rester pragmatique car sur le fond je déplore le même état de fait, j’ai quitté le monde des agences et annonceurs à cause de ça. Mais je partage ce que je fais pour essayer de donner des pistes de solutions. Je ne parle jamais d’horaires en amont des missions mais valorise les livrables, mes références et négocient les prix. Je reste hyperreactive en stoppant à 17h30, le travail est fait, bien et vite. Mon argument pour échapper à la question du temps de présence :j’ai d’autres clients et l’hyperdisponibilite se paye. Tu me prends en CDD ou sur facture OK mais tu me laisses gérer ma précarité. Il ne faut plus négocier comme une salariée même en CDD mais plutôt en relation client. Il n’y a plus d’acquis sociaux d’en ce système et ça vaut pour les deux parties. Et l’entreprise l’entend très bien. En revanche j’ai quand même des baby-sitters occasionnelles pour les charrettes qui arrivent (et on aime ça aussi) ou c’est à monsieur de se démerder aussi avec son taf. Pour les baby-sitters je recrute des jeunes de mon voisinage souvent, à l’âge de nos enfants pas besoin de super nanny. Mais des jeunes gens cools et responsables pas contre un billet mais pas dans la contrainte du tous les jours. En gros ma philosophie je suis hyper réactive en délivrant des travaux de qualité quand besoin client il y a. Mais j’ai des périodes de off (et mes clients ne savent pas pourquoi ni quand). Bon après je flip du chiffre d’affaires pas bouclé, je me prends des sceuds (aka des projets pas gagnés) mais c’est le jeu du commercial. Ça change vraiment la donne quand on bascule en mode indépendante Versus salariée.

    1. Merci pour tous tes conseils. Il faut effectivement que je fasse en sorte d’avoir des babysitters sous le coude en cas de besoin. Cela m’aidera a être plus sereine

  11. Dans mon entreprise, chacun à ses horaires de début et fin de journée qui varient en fonction de ses besoins. Mes collègues arrivent petit à petit entre 8 heures et 9 heures, et repartent à partir de 17h30… on arrive ainsi à respecter les contraintes horaires des crèches, garderies, nounous…
    Au final, tout le monde y trouve son compte! Nous ne sommes pas stressés, nous avons conscience de notre chance et travaillons efficacement!
    Marre du présentéisme!
    Dois-je préciser que mon patron est une femme, mère de famille?
    Si seulement les chefs d’entreprise pouvaient avoir plus de souplesse!!!…

    Bon courage!

  12. Salut Paule!
    Je trouve génial ce que tu fais. Gon blog ton activité insta et ta capacité à passer du temps avec tes enfants et faire des sorties. J’avoue que en ce moment ce n’est pas evident pour moi… ma boite m’a proposé une rupture conventionnelle… j’ai accepté pour diverses raisons… Je finis fin novembre car j’ai demandé a finir la saison et je ne voulais pas laisser ma collaboratrice goute seule. Des fois je me dis que je suis trop conne de faire tout ca et d’autres fois je suis contente de le faire. Depuis que j’ai ma fille je dois partir a 17h20 pour n’arriver chez moi qu’a 19h… je trouve mes journées chargees mais surtout je n’ai pas l’impression de profiter a fond de ma fille… Actuellement, je me commence les recherches d’emplois, suis une formation en anglais et excel afin de mettre toutes les chances de mon coté…. meme si je suis dans un domaine qui recrute, la logistique, je crains que mes contraintes horaires ne posent problème pour trouver un job intéressant pres de chez moi…. J’avais pensé me lancer, creer ma boite mais je n’ai pas le courage (ou les c…)
    Bref tout ca pour dire que le salariat n’est pas fait pour les parents!
    Je te souhaite bon courage dans tes recherches
    Désolée je crois que j’ai raconté ma life…

    1. Tu as bien fait de raconter ta vie. Il n’est plus possible en 2018 de penser que le salariat n’est pas fait pour les parents. Nous sommes presque tous parents!
      Il faut que le système évolue!!!!

  13. Âgée de 56 ans, j’ai quitté voici deux ans mon boulot pour suivre mon mari a Abu Dhabi. J’ai travaillé pendant 30 ans dans une grande entreprise toulousaine. J’étais assistante de direction. En début de carriere, seule avec un petit d’un an, je me suis donnée à fond. Le soir j’allais régulièrement chercher mon fils à l’école à 18h30 et l’emmenait avec moi au boulot jusqu’à 21h. Aucune gratitude. Puis j’ai connu mon mari et eu ma fille à 33 ans. J’ai passé mon BTS en candidat libre en cours du soir. Pas de prise en charge par l’entreprise, incompatible avec mon poste. On m’a reproché les maladies de la petite. Je suis passé à temps partiel à 80%. Et là incompréhension totale. Je manquais de disponibilité. Pourtant je faisais 40h en 4 jours au lieu des 35 en vigueur dans l’entreprise. Puis, les enfants grands, je suis repassé à temps complet, espérant obtenir une évolution de carrière. Mon directeur m’a dit : tu sais compliqué de faire oublier ton manque d’investissement, il va falloir faire tes preuves. Et pourtant j’étais toujours assistante de direction. Mon travail devait être satisfaisant. Nous avons été rachetés et c’est la petite jeune qui me secondait qui a obtenu le poste convoité. Dur, dur ! Et on m’a dit mais li faut que tu l’aide à mi-temps. Elle ne saura pas faire et puis il se peut qu’elle fasse des enfants. Je suis partie dans une filiale, et peu de temps après je suis venue à Abu Dhabi. Toutes ces situations sont honteuses. Ma vie pro est derrière moi, pas pour vous. Courage, cela finira bien par changer !

  14. Je découvre ton blog et ton univers très chouette.
    Le sujet que tu évoques m’a préoccupée très fortement pendant mes dernières années professionnelles, puisque j’ai élevée mon garçon seule pendant pratiquement 10 ans. Et je n’avais pas prévu de mettre mon ambition en sourdine, d’autant que je m’étais tapée des études supérieures.
    Dans les faits, l’organisation est le maître mot, il est à mon sens impossible de faire sans relai. Une baby-sitter/les grands parents pour les coups durs te permettra d’être plus sereine.
    Et puis j’ai lu 2 commentaires qui m’ont bien plu, la bienveillance et la logique ne viendra pas des entreprises, si un employeur a le choix-et il l’a toujours-entre un candidat flexible et nous, il choisira ce qu’il connaît. Il faut donc te vendre, et renverser le rapport de force.
    Je me suis vue refuser une promotion dans le passé car l’employeur craignait de l’absentéisme de la mère célibataire que j’étais. J’ai pointé avec lui mes absences par rapport à celle de mes collègues… Je n’en avais quasi pas, car je me suis Tjs organisée. J’ai quitté la boîte après ce refus, prouvant que je pouvais gravir les échelons ailleurs, et la jeune qui a eu la promotion n’a pas fait l’affaire, elle a été remercié avant la fin de la période d’essai, et j’ai été rappelée… J’ai refusé l’offre et j’ai martelé que son raisonnement était pourri en espérant qu’il s’en souvienne.
    Je suis sûre qu’il y a des idées à creuser dans l’ e’treprenariat de mamans… Bon courage et chance à toi !

  15. Bonjour Paule! Ce dont tu parles, je l’ai beaucoup vécu à Paris. Les heures supp offertes à la boîte, faire du présentéisme inutile, tout ça… Et puis j’ai déménagé à Marseille et là, le choc ! Il existe une vie après le travail. Bien entendu en période de rush tout le monde est présent et restent plus tard. Mais sinon, la plupart des personnes en 35h finissent à 17h, mais genre VRAIMENT à 17h. J’avais l’impression d’avoir mon après-m’! Et personne ne trouve ça étrange. Du coup, je me demande si, au-delà de la question du milieu (je bossais dans la pro AV), il n’y a aussi une question de Paris/Province.

    1. Je pense aussi qu’il y a une réelle différence entre Paris et la province.
      A Limoges, la plupart des salariés arrivent sur le lieu de travail entre 8h et 8h30 pour repartir entre 17h et 18h!
      Moins de temps de trajets qu’à Paris et sa banlieue, du coup, ça nous permet d’avoir une réelle vie de famille et même en étant cadre dans un groupe international!

  16. Moi je me suis pliée à la norme non dite et suis restée à mon travail jusqu’à 20h… jusqu’à frôler le burn out car avec 2 enfants petits à la maison, j’avais une deuxième journée musclée surtout que mes enfants me faisaient payer mon absence…
    Ce rythme de travail était considéré comme normal et ne m’a valu aucun avancement objectif, si ce n’est d’être bien vue dans l’entreprise (maigre consolation)
    J’ai dit stop cette année à l’occasion d’un changement de manager et me passé désormais de Baby Sitter… toute la famille revit ! Je pars deux fois par semaine à 17h45 et suis passé à 80%. Mon investissement n’a pas faibli, je gére juste mes priorités… et à ça les « Mères de famille » sont très douées

  17. Bravo pour cet article et oui, je ne sais pas comment, mais il faut absolument que les mentalités évoluent ! Une amie journaliste norvégienne qui travaillait pour un grand hebdomadaire de news (l’équivalent du nouvel Obs) m’avait raconté qu’à partir de 16h, le rédacteur en chef passait derrière eux et que si tu trainais au bureau et n’avais pas fini ta journée, c’était mal vu… Sans aller dans l’excès inverse, ça parait assez logique ! Je ne comprends pas cette histoire de présentéisme qui est handicapante et qui au final joue contre les entreprises, le plaisir qu’on a à aller au travail, et même la productivité.

  18. C’est d’un ridicule, pour moi exiger une présence au boulot le soir c’est simplement exiger une présence, c’est tout. Comment peut-on être efficace de 9h à 20H ? Perso, j’arrive au bureau à 9h et à 17h je commence déjà à ressentir la fatigue (je ne fais pas beaucoup de pauses). Je me sens efficace dans mon boulot sauf la dernière heure où j’ai clairement besoin de ralentir. Donc me demander de rester jusqu’à 20h serait totalement contre-productif ! Heureusement, ma boîte est assez souple avec ça, tant que le boulot est fait correctement, on reste autonome sur la gestion de nos horaires… Mais bon, à moi de me débrouiller pour faire un max de choses sur mon temps au boulot et clairement, il y a des jours où ça déborde… Je ne rentre jamais avant 19h à la maison et je ne vois pas beaucoup mes enfants…
    Je crois que cette façon de penser reste très parisienne, je n’ai pas l’impression que ça se passe comme ça ailleurs ? E tout cas il serait grand temps que les femmes puissent concilier travail et vie de famille, ça serait la moindre des choses, non ? Et les CEO qui dirigent les entreprises, ils n’ont pas d’enfants, pas de famille dont ils souhaiteraient profiter ?

    Que pense Marlène Schiappa de ce système aberrant qui dessert tout le monde au bout du compte ?

  19. Je crois que les mentalités doivent changer bien au-delà du statut de mère au travail.
    C’est surtout l’équilibre général vie pro vie perso qui doit retrouver une réelle importance au sein des entreprises.
    Le présentéisme ne sert à rien. Tout le monde devrait pouvoir partir tôt qu’il soit célibataire, papa, maman ou pas.
    Par exemple, ma supérieure est célibataire sans enfant : elle se plaint des managements qui considèrent que comme elle n’est pas mère, elle peut justement rester plus tard / absorber plus de boulot / n’est pas prioritaire pour le choix des dates de vacances…
    A côté de moi, mon collègue, 25 ans, frais comme un gardon, kiffe son job et reste souvent jusqu’à 20h. Du coup il semble évidemment en faire bien plus que les mères de famille !
    Mais si tout ce petit monde partait bien à 18h profiter de sa vie ou de ses gosses, ça se passerait beaucoup mieux.
    Après je ne plains pas, la direction n’est pas très à cheval sur les horaires chez nous, en même temps on s’appelle La Boîte Rose donc heureusement.

  20. Merci de ce billet qui confirme qu’en France, avoir une carrière et des enfants reste compliqué. Un recruteur m’a confirmé qu’a profil similaire, la mère d’un enfant de moins de 6 ans restera en bas de la pile. Bref, ceux qui disent qu’etre mère (de famille nombreuse dans mon cas) est un atout à valoriser sur son CV se trompent. Je rejoins certains commentaires. Ne pas parler de contraintes horaires, ne pas mentionner ses enfants, ne pas mettre en avant son statut de mère restent le plus sage en entretien. A chaque question sur l’organisation vie pro/vie perso, balayer le truc en inventant une nounou archi dispo… même si c’est un mensonge. Et une fois en poste, tu donnes tout pour prouver que tu es la bonne personne pour le job, et tu te casses de temps en temps à 17.30 la tête haute ! ( mais tu prends qd même une nounou pour les soirs où ça n’est pas possible). Comment faire évoluer les mentalités : en prouvant au quotidien que finir à 17.30 n’empêche pas de faire du bon travail ( beaucoup oublient que même si ce milieu pro est adepte des charrettes, personne n’y sauve des vies non plus hein ;)) ! Courage !!!

  21. Merci Merci beaucoup pour cet article ! Etant d’origine allemande j’avais écris un billet là dessus sur mon blog car je ne supporte pas du tout cette culture du présentésime. Genre tout se passe entre 17h30 et 19h. Ils font quoi les gens le reste de la journée ? Ce qui doit compter avant tout c’est que le travail soit fait ! Et à côté de ça les gens qui finissent à 19h se prennent au moins 3h de pause dans la journée entre le déjeuner à rallonge et les pauses café interminables.
    La journée ne se termine pas au retour du boulot.

    Je considère aussi que les personnes qui ne savent pas faire le job dans des horaires normaux sont tous les simplement inefficaces ou mal organisés. En tant qu’ancienne manager, j’ai toujours trouvé les parents beaucoup plus concentrés et beaucoup plus réactifs dans la journée.

    Et je passe la question des vacances scolaires. Il ne faut pas prendre les semaines de vacances scolaires car les personnes qui n’ont pas d’enfant pourront se sentir lésées …

  22. Ton article est tellement vrai! Je viens de terminer mon congés maternité et de réintégrer ma boite, pour qui partir à 18h revient à poser un demi RTT…Je n’ai pas laissé le choix au management qui pour l’instant le prend bien mais leur relative coolitude s’envolera évidemment dès que les grosses deadlines reviendront…Nous habitons aussi à Colombes, une ville avec une qualité de vie incroyable, mais qui demande beaucoup de self control quand le Transilien tant attendu est supprimé au dernier moment ou que ton bureau est loin du 8ème (ce qui est mon cas, merci les 1h de transport matin et soir…!). J’espère pouvoir faire un jour du télétravail (pour l’instant c’est no way), cela semble être un petit truc qui améliore pas mal la vie de tout le monde actuellement, en tout cas toutes mes connaissances sont ravies d’en faire et super efficaces lorsqu’elles bossent at home. J’espère que tu finiras par trouver un CDD!

  23. Salut Paule,

    En effet, c’est très français et boites françaises le presenteisme… j’étais dans une boite qui mettait en avant l’importance de l’equilibre pro et perso… sur le papier… néanmoins il y avait qqes points positifs : travail à la maison facile à demander, bureau vide à 19h30 (il aura fallu 10 ans et des agents de sécurité pour signaler notre présence aux RH)… mais, il y a un mais… présence de 80% des salariés à 8h (ceux qui arrivaient à 9h comme moi étaient très mal vus) et surtout on bossait tous les soirs et week-ends avec interdiction de se connecter pour ne pas traumatiser nos collègues et surtout nos équipes… mais à la 1ère connections…c’etait un flot de mails dans tous les sens…!!! En fait, c’etait un peu mieux mais pas encore ça!! En revanche j’ai bossé avec une équipe en Hollande… ils sont méga-efficaces pendant leur temps de travail (respect des timings, réductions des réunions, prise de décisions…) et surtout tous partis à 18h !!! On a un peu de chemin mais nous devons aussi driver le sujet..

  24. Bonjour Paule,
    Tout d abord merci pour ce poste dans lequel je me reconnais parfaitement .
    J’ai 27 ans , deux enfants … oui je sais je suis jeune mais j ai rencontré l homme de ma vie tôt .. la chanceuse hein !
    Il y a deux ans j ai déménagé sur paris après avoir travailler 5 ans chez un gros du web, confiante avec un cv pas mal pour une fille de 25 ans .
    J ai donc eu mon premier rendez vous pôle emploi et je suis tombée sur une femme … ( je crois que c est pour cela que je m en suis jamais remise .. une femme mince alors )
    Je lui ai expliqué que je pouvais commencer très tôt mais que je souhaitai finir à 17h30 pour voir mon fils et surtout pour m investir au sein de la crèche parentale où on l avait inscrit .
    Sa réponse : madame vous êtes visiblement pas prête à travailler … nous allons revoir vos droits … heureusement j ai trouvé 15 jours après une entreprise compréhensive !
    Et puis je suis tombée enceinte une deuxième fois …. l annonce a été très mal pris par mes collègues et ma chef et comme par hasard les archives m attendaient le lundi suivant ….
    j’ai tenu 1 mois puis après de nombreux malaises dans le métro j ai été en arrêt .
    Aujourd’hui mon fils a 8 mois et je viens de déménager à nouveau .
    La nounou que j’ai trouvé à aussi des enfants et ne peut pas garder mon fils après 18h30. l’école ferme à 18h30 et je n’ai aucun moyen de gardes pour mes deux enfants le mercredi …
    j’ai passé 3 entretiens en une semaine leur réponse … je comprends madame que vous pouvez faire 39h en 4 jours mais les horaires que vous proposé ne semblent pas convenir avec l’atmosphere De l’entreprise ……

    Bref mon rendez vous pôle emploi arrive bientôt et je stresse énormément, je ne veux pas être un fantôme pour mes enfants ni les croiser le week end

    je crois qu on devrait créer le #onpeutprendreunenounoumaisonafaitdesenfantspourlesvoir!

    Bon courage et Mum power !!!!

  25. Je suis en CDI, dans une agence de com, …et maman de 3 enfants. Clairement, tout est fait pour que l’on reste tard : réunions prévues à 18h30 pile, les nouveaux sujets arrivent la quasi veille du rendu…
    Oui c’est un quotidien difficile à gérer entre la passion du métier et l’amour de ses enfants… la question de sortir du CDI se pose…
    Je suis contente que tu lèves ce tabou, je te souhaites de trouver très vite des missions palpitantes avec de bonnes conditions de travail.

  26. Bonjour, j’ai découvert ton blog assez récemment, je lis les articles avec plaisir même si je n’ai pas l’habitude de commenter. Néanmoins, ce sujet me tient particulièrement à coeur en tant que mère d’une petite fille de 3 ans. Je travaille en agence et avant d’avoir ma fille j’étais le genre de personne qui restait au bureau jusqu’à 20h en culpabilisant de partir la première…
    Quand je suis rentrée de mon congé maternité et que j’ai du expliquer que je devais partir à 17h45 trois fois par semaine pour récupérer ma fille, j’ai bien compris qu’on allait me montrer gentiment la direction de la sortie. J’ai donc très vite entamé une recherche d’emploi, en précisant comme toi, mes contraintes d’horaires dès les entretiens d’embauche : autant dire que je me suis vite rendue compte que c’était une très mauvaise idée (on ne me rappelait jamais). J’ai changé de stratégie (et j’ai surtout arrêter de me culpabiliser^^) , je me suis concentrée pour mes entretiens sur la façon dont je pouvais vendre mes qualités, mes atouts, mon expérience… J’ai décroché un boulot intéressant dans une autre agence et je n’ai fait mention de cette histoire d’horaire qu’après avoir reçu la promesse d’embauche… tout en rassurant sur ma souplesse et ma flexibilité : je reste joignable même si je pars du bureau, en cas de charrette je peux travailler de chez moi le soir, je peux rester tard au bureau pour les besoins d’un projet à condition d’être prévenue quelques jours à l’avance afin de m’organiser pour la garde de ma fille/
    Je ne te conseillerai donc pas de parler de tes horaires trop tôt dans le processus (même si tu passes par un cabinet de recrutement). La recherche d’emploi sera peut être plus longue (dans mon cas ça m’a pris 6 mois), tu ne seras peut être pas à un poste super haut placé ou dans une agence « prestigieuse » mais au moins tu ne partiras pas du bureau chaque soir avec la boule au ventre et surtout surtout, tu seras contente d’avoir trouvé une entreprise qui ne te fait pas culpabiliser de vouloir t’épanouir professionnellement tout en ayant des enfants.
    Pour terminer, je te partage un article (un peu ancien) qui m’a bien ouvert les yeux sur le sujet :
    http://madame.lefigaro.fr/societe/les-trentenaires-ne-veulent-plus-faire-carriere-mais-250917-134390
    Bon courage dans tes recherches, au plaisir de te lire dans d’autres articles !

  27. Alors, moi, je vais sûrement prêter à rire à certaines d’entre vous puisque je suis prof et malgré toutes les idées reçues sur mon métier, on retrouve quelques uns des soucis évoqués dans ton article.
    Exemple, l’annee dernière, j’avais un jour off par semaine (obligation de service car ma discipline implique de posséder une salle spécifique et il n’y en a qu’une dans l’établissement pour 2 profs…). Tres souvent, mon chef prenait les rdv sur ce jour la pour me forcer à venir au collège bosser. Un jour, je lui dis que ce n’est pas possible car je profite de ce jour pour garder mon bébé et payer un jour de moins de nounou (au prix du jour de garde c’est quand même une somme!). Il me répond qu’il espère que mon jour off, je ne fais pas “que” garder mon fils car j’ai des cours à préparer!!! Sauf qu’il ne s’est jamais posé la question quand j’arrive une ou deux heures plus tôt ou que je pars plusieurs heures après la fin de mon service après avoir bossé en salle des profs!!
    J’ai trouvé que c’etait lamentable, honteux et misogyne comme remarque, surtout qu’il ne l’a pas faite à un de mes collègues qui faisait exactement comme moi sur son jour off, à savoir garder son bébé!
    De même que certaines de mes collègues demandent à finir à 15h30 mais commencer tous les jours à 8h pour pouvoir aller chercher leurs enfants, c’est refusé!

    A croire qu’en France il est impossible de concilier vie de salariée et vie de famille… (et encore je n’ai que 18h d’obligation devant élèves moi, le reste du travail, soit environ 20h, pouvant être fait à la maison).

    1. Je suis aussi prof (et je sais qu’il y a pire au niveau amplitude horaires au bureau même si je ne compte pas mes heures tardives à travailler), mais en effet, beaucoup de réunions sont posées les jours où je termine plus tôt (je suis en temps partiel), et pour autant mes chefs sont plutôt bienveillants. Je fais le choix de ne pas toutes les faire. Mais pour autant, je trouve qu’il est si difficile en France de pouvoir vraiment choisir de s’occuper de ses enfants… Financièrement, c’est compliqué et de mon côté, si je le pouvais, je ferais le choix d’un congé parental total, mais je ne peux pas, comme beaucoup… Ce ne serait que parce que je le souhaite et que j’accorde une importance capitale à ma présence auprès des enfants. Malheureusement, c’est compliqué…

  28. Bonjour et avant tout , plein de bonnes ondes ds ta recherche d activité provu d ici ds mon petit coin de Belgique et mon secteur public, ce que tu explique me paraît totalement surréaliste. C est plutôt ce genre d horaires tardifs qui est découragé…Je ne comprends pas la plus value , l’idée c est que le travail soit fait et bien fait par des personnes motivées non? Faudrait que vos entreprises et dirigeants fassent un.peu de benchmarking avec leurs voisins bon courage et j espère que ton.message va rayonner au max

  29. Et est ce que nos dirigeants se rendent t ils bien compte que les 2h (pour moi, ce qui est plutôt pas mal par rapport à certains messages ci-dessus 🙁 ) passées avec nos enfants le soir, nous les passons à les récupérer, leur faire à manger, les changer, les habiller et les coucher (vite, vite pour pouvoir enfin souffler nous !). On a quoi 10/15min pour jouer avec eux.
    Ils pensent vraiment que c’est la grosse éclate et qu’on se la coule douce 🙁
    Depuis que nous sommes parents, mon conjoint et moi avons un noeud dans le ventre de se dire que c’est la nounou qui vois le plus notre fille…

    Pourquoi ne pas créer un hashtag à partager sur les réseaux sociaux pour sensibiliser les gens ? Dire ce que l’on pense tous ici tout bas et le dire haut et fort ?!

  30. Je ne peux que confirmer ce que tu dis. En CDI dans une agence de pub, je sentais que j’avais été un peu mise au placard après mon congé mat (34 ans, 1er enfant). J’ai demandé à voir les DG pour en parler et leur montrer mon envie d’avoir des sujets plus intéressants. J’ai eu droit à cette magnifique réponse :  » Je ne pense pas à toi pour les sujets sympas car je me dis que tu dois partir tôt pour ton petit. « . J’ai dit que je ne voyais pas le rapport et que ce n’était pas à eux de faire mon emploi du temps, qu’il y avait des solutions en cas de charette. Évidemment rien n’a changé par la suite et je suis partie me mettre en freelance dans le sud .
    Le freelance c’est des hauts et des bas comme l’on dit plusieurs, mais au moins on gère notre temps en n’ayant personne qui regarde par dessus notre épaule !

  31. Bonsoir Paule, je n’ai pas d’enfants. J’ai 31 ans en reconversion dans des milieux très masculins. Je me suis confrontée il y a 15 jours a un mur en voulant confirmer ma candidature pour le poste auquel je me suis préparée pendant mon stage avec mon tuteur. Et bien mon nouveau manager n’a pas voulu entendre mes arguments en me disant juste que je ne postulerai pas ! pourquoi car je suis une femme et que c’est un poste à responsabilité, avec beaucoup de pression et que c’est très bien payé et qu’il ne voulait pas prendre le risque avec moi. Il reçoit des candidats exactement même profil que moi âge , expérience et compétence à l’inverse que ce sont des hommes. J’ai beaucoup pleuré j’ai voulu tout abandonné et me dire je vais rester à la maison et faire des petits bouts avec mon conjoint. Et puis j’ai parlé ouvertement avec tous mes collègues calmement avec diplomatie à tout niveau de hiérarchie et bien j’ai eu beaucoup de soutiens de mes collègues hommes et femmes. Ça m’a fait beaucoup de bien et m’a remotivé je postule à un autre poste avec un autre manager pour postuler à nouveau dans 6 mois/1 an. Je n’ai pas la solution mais j’ai été étonné du soutient que j’ai eu, alors peut être qu’il faut en parler calmement et ne pas le garder juste à son entourage proche petit à petit pour faire changer un peu les choses 😉 je te souhaite plein de belles surprises Paule

  32. J’en parlais justement avec mon mari hier! Pourquoi notre système n est il pas plus flexible et tellement bloqué sur ces horaires??!!!
    Et la demande de temps partiel,on en parle Quand on est salariée??!!
    Oui on peut vouloir travailler moins pour concilier vie pro et vie perso sans pour autant ne pas être hyper impliquée!

  33. J’arrive après la bataille mais je ne peux pas ne pas réagir ! Déjà parce que dans quelques semaines je serai dans la même situation que toi, je pense que les raisons de mon choix sont similaires aux tiennes – et à celles de beaucoup de mamans, il n’y a rien d’exceptionnel à vouloir profiter de ses enfants et simplement essayer de concilier vie pro et vie perso ! -. Je t’avoue que ton constat me fait un peu peur mais malheureusement, je ne peux que confirmer ce culte franco-français des horaires ! Dans la plupart de mes expériences, un départ à 18h signifiais que « tu avais pris ton aprem », au mieux. Le télétravail n’était en général pas autorisé. J’ai vu des managers prendre en photo les open space à 18h30 pour signifier qu’il n’y avait plus assez de monde. La bienveillance n’est pas toujours au rdv malheureusement 🙁
    Dans ces conditions, impossible de conjuguer vie de famille et vie pro (à moins d’accepter de ne voir ses gamins que le week-end, merci mais non merci).
    Je pense que la solution passera par la responsabilisation de tous : on ne traine pas le soir au bureau, point barre. Nous vivons une époque où l’immédiateté est de mise, les mails demandent une réponse instantanée, le commerce électronique fait que l’on peut acheter tout, tout le temps; et à n’importe quel moment… Forcément, cela implique que des gens soient présent pour gérer cela d’une façon ou d’une autre. Je ne suis pas pour un retour arrière mais déjà, accepter des temps pendant lesquels on ne peut pas consommer, et simplement accepter un délai d’une nuit pour obtenir une réponse … cela nous aiderait ! Enfin je vais peut être un peu loin ;-). Mais bon, tant qu’il y aura des gens pour rester jusqu’à pas d’heure, il sera difficile pour une femme (ou un homme !) qui pose tout de suite des conditions d’horaires d’être « compétitif » par rapport à eux 🙁

  34. Bravo pour ton article et tes stories. Alors moi je suis un peu un ovni parce que j’ai imposé mes choix à mon employeur mais c’est bien je pense de poster aussi des expériences positives. C’était il y a 15 ans à Paris. Je bossais dans une agence de presse audiovisuel comme directrice des ventes internationales, horaires 10h à 22 ou 23 h. A cette époque je n’avais pas encore de vie de famille mais j’ai émis le souhait de partir en province pour rejoindre mon conjoint. Pendant 6 mois j’ai tout mis en place pour bosser à distance quand tout était nickel mon employeur a voulu me retenir mais le deal d’origine c’était 6 mois de préparation, je pars en télétravail, en baissant mon salaire de 5 % et avec 5 jours à Paris par mois sinon je pars et pas question de faire un préavis. Bref, il a voulu me retenir et je suis partie : adios amigos ! Et 6 mois plus tard :  » allo, bon ben c’est d’accord pour tout » et là j’ai dit : « sauf que ça a changé maintenant c’est plus 5 % sur le salaire et un 80 % « . Et il a dit oui. J’ai travaillé ainsi pendant 10 ans, je travaillais mieux, j’étais plus efficace, plus flexible, j’ai eu de la chance. Mon patron était un homme formidable, compréhensif. Il n’a jamais douté de mon taff même quand mes enfants sont arrivés et que mes horaires sont devenus « normaux ». C’est quelqu’un qui faisait confiance mais surtout qui etait en capacité de savoir que la présence physique ne fait pas le boulot, il était journaliste.
    Enfin après cela j’ai aussi eu des expériences négatives avec une palme d’or pour un contrat à temps partiel (mi-temps) de… 35h !!

    Courage les filles, les mentalités doivent changer. Je dis oui au télétravail.

  35. C’est bien triste de voir encore des sociétés qui fonctionnent ainsi. J’ai envie de te dire que ça dépend surtout de ton domaine d’activité. Certains ont des contraintes journalières, l’actualité, les relations extérieures etc.
    Pour ma part je travaille dans une grande entreprise et suis quasi 100% autonome et indépendante dans mon travail. J’arrive tous les matins à 7h30 au bureau, oui c’est tôt, mais c’est la contrepartie si comme toi je n’ai pas envie qu’une baby-sitter aille chercher mes enfants à l’école (dans un souci de j’aime pas avoir quelqu’un chez moi, j’ai pas envie d’y consacrer un budget, j’ai envie de voir mes enfants). Et je pointe. Donc oui j’ai du presenteisme et des comptes à rendre. Toutefois le système est bien fait car je pars au max à 17h (pour être à l’école à 17h30), mais ça me permet aussi de partir à 15h si j’en ai envie (rdv médical, courses, événements blog….).
    J’espère que tu trouveras rapidement quelque chose adapté à tes besoins !

  36. ça me dépasse ce genre de mentalités. j’ai travaillé 15 ans sur paris, et effectivement, les horaires officiels c’etait 9h / 18h. arriver en avance ? bof, c’était pas trop la mode. par contre, partir à 18h, c’était déjà moins courant. enfin quand j’étais assistante commerciale, on partait toutes a cette heure là. quand je suis devenue gestionnaire de stock, je travaillais avec les gens du marketing, autrement dit des cadres, et là, c’était plus la mémé histoire. Mais je suis presque toujours partie à 18H. j’avais 1h15 de transport, alors basta ! j’ai eu la chance, d’après ce que je lis, de ne pas avoir eu de remarques négatives. je faisais mon job, plus que correctement, ils n’avaient rien a me dire et on ne m’a jamais rien reproché. mes collègues femmes qui étaient vraiment au marketing, elles, avaient plus de mal. maintenant je vis en province. lorsque j’ai trouvé un job salarié, j’ai été surprise : à 17h, tout le monde dehors ! et pour voir les embouteillages, je peux te dire qu’a 19h, tout le monde est déjà rentré chez soi ! alors je soupçonne en effet le phénomène d’être plus concentré sur la région parisienne, même si il y a sans doute des cas en provinces. et dans les pays nordiques, lorsqu’on reste plsu tard, c’est très mal perçu : ça veut dire qu’on a pas été efficace dans sa journée !!! bonjour la différence de mentalité. mon oncle a travaillé quelques temps en Allemagne, il partait à 17h car après ils coupaient le chauffage donc il avait froid !!! bref. je me suis mis a compte maintenant, et je milite pour que les femmes notamment, puissent équilibrer leur vie pro et perso. on ne doit pas tout sacrifier pour son job, même si on l’aime ! alors si on l’aime pas, j’en parle même pas… la solution passera peut être aussi par le fait de s’affirmer, de dire que non, ça n’est pas parce qu’on part à 17h qu’on ne fait pas bien le job ! c’est difficile et la tache est énorme, j’en ai bien conscience. mais le changement ne viendra pas d’ailleurs que des salariés eux mêmes. personne n’aime travailler tard, mais personne n’ose le dire ! mais si tout le monde le disait ? (désolé c’est mon coté utopiste, mais après tout si on avait tout le temps fermé notre bouche, on travaillerait encore 12h par jour et 6 jours par semaine !)

  37. Je connais ce problème pour savoir vécu en entretien d’embauche. Mais depuis que jai décroché un poste chez l’annonceur ma vie à changé je peux partir à 17h30 oui 17h30 pour aller récupérer mon fils. On me propose 2 jours de tele travail par semaine pour me reposer car je suis enceinte du 2e et j’ai droit à des cours de sophrologie entre 12h et 13h tous les lundis. Il ne faut pas se décourager certaines entreprises et certains manager sont bcp plus ouverts que d’autres. Je te conseille pas non plus de donner tes horaires en entretien mais après la signature du contrat. Bonne chance.

  38. Aujourd’hui j’avais une réunion qui commençait à 17h45. Très clairement c’était fait pour m’emmerder, ainsi qu’une collègue parce que parfois je pars « tôt ». Ça le gave tellement ! Le presenteisme était beaucoup moins un critère dans mon ancien job et heureusement. C’est tellement dépassé ! Le pire étant quand c’est véhiculé par des femmes. Pfft !

  39. bonjour,
    je viens d’écouter ton témoignage sur le podcast. je me retrouve tellement dans ce que tu as dit: je ne suis pas une carriériste mais je ne veux pas me mettre de côté professionnellement et devoir tout gérer à la maison. Nous avons quitté la province il y a un an pour venir habiter en région parisienne (évolution de de mon mari). J’avais tellement peur de ce rythme « parisien » qu’on a pas vraiment en province. Peur d’avoir des horaires de malade, rentrer tard… et puis finalement j’ai trouvé un travail dans une association qui sont hypers à l’écoute de ce rythme. Certes, je sais que j’aurai du mal a évoluer et que ce n’est pas mon taf rêvé mais j’ai finalement pas envie de partir car cela concilie bien les 2 (pro et perso) et que je ne sais pas ce qui peut m’attendre ailleurs.
    bon courage pour tes recherches. ta motivation et ton obstination vont finir par payer.

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