Rats des villes, rats des champs

Louise et Lucien sont nés tous les 2 à Paris. Pour la fille 100% terroir que je suis (une mère née en Corrèze, un père né dans le Cantal et moi dans le Puy-de-Dôme), je dois avouer que ce n’est pas toujours complètement assumé.

Attention, je ne critique pas la capitale, j’y vis depuis une douzaine d’années et c’est un choix personnel. Seulement je trouve que les enfants parisiens peuvent manquer parfois d’ouverture sur le monde.

Il me semble important de savoir différencier un pigeon d’une mouette, un escargot d’un bernard lhermitte, une poule d’une oie, une vache d’un rhinocéros (j’exagère, quoi que!), etc.

Il est aussi bien de savoir que toutes les routes ne sont pas goudronnées, que beaucoup de magasins ne sont pas ouverts entre midi et 2 ou qu’on ne peut pas trouver un paquet de Granola en urgence à 19h15.

En bref, les rats des villes doivent savoir que la vie des rats des champs n’est pas tout à fait la même et qu’elle n’est pas pour autant moins bien.

J’en reviens à mes enfants. Certes ils sont bien loin de snober les non-parisiens mais je sens parfois qu’un retour au source leur ferait le plus grand bien.

Nous sommes servis cette semaine puisque nous sommes dans ma maison de famille située entre Saint-Flour et Chaudes Aigues. J’y vais depuis toujours, j’y ai passé la quasi totalité de mes vacances d’été et si je ne suis pas la meilleure amie des araignées et des petites bêtes en tout genre, je sais me débrouiller en cas de situation extrême (il s’agit juste d’avoir un aspirateur à portée de main).

Nous n’y étions pas allés depuis 3 ans. La dernière fois Louise avait donc l’âge de Lucien aujourd’hui et Lucien commençait à peine à marcher.

Maintenant qu’ils sont un peu plus grands, tout est plus simple car la maison n’est pas franchement kids friendly. Il y a des marches un peu partout, une cheminée ouverte, des poignées de portes biscornues et des chasses d’eau inaccessibles.

Les années passant, tout devient donc plus simple et cette semaine je prends beaucoup de plaisir à voir mes enfants marcher sur mes traces, se libérer et vivre autrement.

Louise ne jure que par les nombreux petits chats qui viennent envahir notre jardin à l’heure des repas, Lucien arrose, met ses bottes pour aller cueillir des haricots et je ne désespère pas qu’ils réussissent à faire la différence entre une branche de menthe et des orties d’ici la fin de notre séjour.

Nos amies les mouches – bien trop nombreuses il faut l’avouer – les ennuient beaucoup mais après tout, elles étaient là avant, on ne peut pas leur en vouloir. Certaines ont fini sous une tapette, pardon à leur famille.

Avec ce billet, j’avais envie de revenir sur notre journée de mercredi. Une journée 100% Cantal que j’ai particulièrement appréciée.

Le matin, nous sommes allés faire quelques courses à Chaudes-Aigues. Ce n’ai pas très grand et le tour de la ville est vite fait mais il ne faut pas louper la source d’eau à 82 degrés.

Après la sieste, nous sommes partis rendre visite à un vieux pote. Nous nous sommes rencontrés quand nous étions ados en colonie de vacances. Ce qui est drôle c’est que nous avons beau habiter tous les 2 à Paris, nous ne nous étions pas vu depuis plus de 10 ans et que nous avons attendu d’être tous les 2 dans le Cantal pour nous croiser. Il a acheté une ferme en ruine dans la pampa et en attendant de la retaper, il passe ses vacances avec sa femme et ses 2 enfants dans une ravissante petite cabane au fond du pré. La vue est à couper le souffle et ça donnerait (presque!) envie de venir y vivre à l’année. Les enfants ont fait leur vie, nous avons mangé de la fouace en parlant de nos connaissances  communes…c’était simple et parfait.

Le soir, nous avons assisté à La fête du pain du village. C’était la 25ème édition et je n’y étais pas allée depuis bien longtemps. Dans le village, je suis clairement « la fille de… ». Tout le monde m’a déjà croisée bien sûr mais maintenant je suis la parisienne, ah ah ah.

Après un apéro sur la petite place du village, nous sommes allés jusqu’au four (qui est maintenant allumé une seule fois par an à l’occasion de cette fête) récupérer les miches de pains de seigle. Tous les enfants du village ont participé (Louise et Lucien compris), c’était chouette. Le pain a été béni par le prêtre du coin et nous avons filé dans la stabulation du bout du village où les tables étaient installées.

Une stabulation est une étable plus moderne. Je fais mon intéressante mais je ne connaissais pas ce mot avant mercredi. J’avoue que j’étais assez curieuse de voir. Je me moquais de mes rats des villes plus haut mais je n’avais jamais mangé dans une étable.

Comme la stabulation n’est pas utilisée l’été, à part pour entreposer quelques bottes de foin, tout est d’une propreté étonnante. Et puis bien sûr, qui dit « pas de vaches », dit « pas d’odeurs ». C’était en tout cas vraiment marrant de voir les emplacements de chacune, les petits panneaux avec leurs noms…

Nous avons mangé du chou farci, du bon fromage (évidemment!) et de succulents desserts. Et puis il y avait 2 messieurs qui jouaient de l’accordéon et les jeunes ont beaucoup dansé.

Voir mes enfants danser la bourrée auvergnate et Louise danser la chenille dans cet endroit m’a vraiment émue. Je me suis dis que mes petits rats des villes, comme tous les enfants, savaient s’adapter à toutes les situations et qu’il leur fallait juste un petit peu de temps pour prendre leurs marques.

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By Paulette

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Y’a pas à dire, le bonheur est vraiment dans le pré!

3 thoughts on “Rats des villes, rats des champs

  1. Super article, j’aime bcp ta morale de cette fable!! Et un grand merci de nous faire découvrir ces régions moins connues et moins glamour! Du coup cette année, entre la mer et la montagne nous avons fait une halte de 4 jours en Auvergne, tous les 5 dans une yourte dans le Forez, c’était magnifique et les enfants ont adoré ! Bonne rentrée après ces belles vacances !

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